L’INDE SUR MARS : LE LOW-COST, OUI, LE LEVEL-CONQUEST AUSSI….

Nous connaissons déjà le low-cost terrestre et aérien, mais l’Inde nous annonce que la conquête spatiale du pauvre est possible. Ainsi, le mardi 5 novembre dernier, l’engin spatial le moins cher du monde a décollé, direction Mars.

Le compte à rebours du décollage a officiellement commencé deux jours plus tôt, à l’occasion de Deepavali, fête hindoue des lumières. À bord de la fusée, la sonde Mangalyaan, qui a pour but, comme presque toutes les missions sur Mars, de déterminer si la vie est, ou a été présente sur la planète rouge.

Conçue et produite en un temps record, et à bas prix, du « made in China »en quelque sorte, à ce détail près que la qualité est au rendez-vous. « Ne la sous-estimez pas parce que c’est une mission bon marché et pionnière ; il y a du low-cost, il y a de l’innovation et tout le monde cherche aujourd’hui à réaliser des missions à bas coût », affirme Pallava Bagla, journaliste scientifique indien.

Pour réussir cet exploit, l’ISRO (Indian Space Research Organisation) a dû faire preuve de génie. Avec une sonde pas plus grosse qu’une Citroën C1, et donc trop peu puissante pour atteindre Mars, les ingénieurs ont eu l’idée de la faire tourner autour de la Terre pendant un mois, afin qu’elle prenne assez de vitesse. Même la NASA est impressionnée : « Nous ne pensions pas que l’Inde serait capable d’envoyer [la sonde] si rapidement », déclare Joe Grebowsky, scientifique américain travaillant sur la prochaine mission américaine pour Mars (projet MAVEN).

Un passé lourd de déconvenues est à l’origine de cette mission spatiale hors normes. L’enchaînement d’échecs, en 2009, perte de contact avec la sonde Chandrayaan, ou encore, en 2010, explosion au décollage d’un lanceur. Mais l’Inde n’est pas le seul pays asiatique à ne pas avoir réussi à approcher cette destination si convoitée, la Chine ainsi que le Japon ont eux aussi subi pareils déboires.

Cette première mission indienne est aussi à but politique, elle permettrait à New Delhi de prendre le dessus sur Pékin, qui a échoué lors du lancement de la sonde russo-chinoise en 2011 ; et ainsi devenir le premier pays asiatique à étudier la planète Mars. De plus, cette réussite aiderait l’Inde à affirmer sa réputation industrielle et technologique. Petite piqûre de rappel : l’Inde produit la voiture la moins chère du monde et se place comme le leader de l’innovation low-cost, certes, la level-conquest aussi!

Fin du duopole américano-russe, pour finir : l’espace appartient désormais à tous les pays, ceux qui émergent surtout.

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